- 18 nov. 2025
- Élise Marivaux
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Les bouffées de chaleur pendant la ménopause peuvent être plus qu’un simple inconfort - elles peuvent détruire votre sommeil, vous rendre irritable, et vous faire sentir hors de contrôle. Si vous avez essayé les traitements hormonaux et que vous avez arrêté à cause des effets secondaires, ou si vous ne pouvez pas les prendre pour des raisons médicales, il existe une autre voie : la clonidine. Ce médicament, initialement conçu pour traiter l’hypertension, s’est révélé un allié inattendu contre les bouffées de chaleur. Et contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’est pas réservé aux patients souffrant de pression artérielle élevée.
Comment la clonidine agit-elle sur les bouffées de chaleur ?
La clonidine appartient à la famille des agonistes alpha-2. Elle agit sur le système nerveux central, en particulier dans l’hypothalamus, la région du cerveau qui régule la température corporelle. Pendant la ménopause, les fluctuations d’œstrogènes déséquilibrent cette zone, envoyant des signaux erronés : « Il fait trop chaud ! » - même quand ce n’est pas le cas. La clonidine calme cette suractivité. Elle n’augmente pas les niveaux d’hormones. Elle ne remplace rien. Elle réduit simplement les faux signaux qui déclenchent les bouffées.
Des études publiées dans Obstetrics & Gynecology et The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism montrent que la clonidine réduit la fréquence des bouffées de chaleur de 30 à 50 % chez les femmes qui la prennent régulièrement. Ce n’est pas aussi puissant qu’un traitement hormonal, mais pour celles qui ne veulent pas ou ne peuvent pas prendre des hormones, c’est l’une des options les plus efficaces disponibles.
Qui peut en bénéficier ?
La clonidine est particulièrement utile pour les femmes :
- Qui ont un antécédent de cancer du sein ou de l’utérus, et qui doivent éviter les traitements hormonaux
- Qui souffrent de migraines aggravées par les œstrogènes
- Qui ont des risques cardiovasculaires et ne veulent pas augmenter leur exposition aux hormones
- Qui ont essayé les alternatives naturelles (soja, phytoestrogènes, acupuncture) sans résultat
Elle est aussi utilisée chez les femmes plus jeunes qui entrent en ménopause prématurée - souvent après une chirurgie ou un traitement contre le cancer. Dans ces cas, les options sont limitées, et la clonidine devient une solution concrète.
Comment la prendre ?
La clonidine est disponible sous forme de comprimés oraux ou de patch cutané. La plupart des médecins commencent avec une dose faible : 0,05 mg une à deux fois par jour. Cette dose peut être augmentée progressivement jusqu’à 0,2 mg par jour, répartie en deux prises, si nécessaire. Il faut généralement 2 à 4 semaines pour voir un effet significatif. Il ne sert à rien de l’augmenter trop vite : les effets secondaires arrivent avant les bénéfices.
Les patchs, moins courants, libèrent la molécule lentement sur 7 jours. Ils sont utiles pour celles qui oublient de prendre leurs comprimés, ou qui ont des problèmes de digestion. Mais ils peuvent irriter la peau, surtout chez les peaux sensibles.
Effets secondaires : ce qu’il faut savoir
La clonidine n’est pas sans risques. Les effets les plus fréquents sont :
- Sécheresse de la bouche (envahissante chez 30 % des utilisatrices)
- Somnolence, surtout au début du traitement
- Vertiges, en particulier en se levant rapidement
- Constipation
- Chutes de tension artérielle (rare si vous n’êtes pas déjà hypotendue)
La somnolence est le problème le plus souvent cité. Beaucoup de femmes arrêtent parce qu’elles se sentent « comme dans du coton » pendant les premières semaines. Ce n’est pas une raison pour abandonner. En général, cela s’atténue après 10 à 14 jours. Si la somnolence persiste, il est possible de prendre le comprimé le soir plutôt que le matin - ce qui peut transformer un inconvénient en avantage : mieux dormir.
Ne jamais arrêter la clonidine brusquement. Une interruption soudaine peut provoquer une montée brutale de la pression artérielle, des maux de tête sévères, ou des palpitations. Il faut réduire la dose sur 2 à 3 jours, sous surveillance médicale.
Clonidine vs autres traitements non hormonaux
Il existe plusieurs alternatives à la clonidine pour les bouffées de chaleur. Voici comment elle se compare :
| Traitement | Efficacité | Effets secondaires courants | Temps d’action | Coût mensuel (estimé) |
|---|---|---|---|---|
| Clonidine | 30-50 % de réduction | Sécheresse buccale, somnolence, vertiges | 2-4 semaines | 5 à 15 € |
| Paroxétine (Seroxat) | 40-60 % de réduction | Nausées, perte de libido, prise de poids | 2-6 semaines | 20 à 40 € |
| Gabapentine | 35-55 % de réduction | Vertiges, somnolence, œdèmes | 1-3 semaines | 10 à 25 € |
| Feuille de soja / phytoestrogènes | 10-20 % de réduction | Ballonnements, maux d’estomac | 8-12 semaines | 15 à 30 € |
| Acupuncture | 20-40 % de réduction (variable) | Rare : ecchymoses, douleurs légères | 4-8 semaines | 50 à 100 € |
La clonidine se distingue par son faible coût, sa rapidité d’action comparée aux compléments, et son profil d’effets secondaires plus prévisible que les antidépresseurs. La gabapentine est aussi efficace, mais elle provoque plus de gonflements des chevilles. La paroxétine est plus puissante, mais elle peut nuire à la vie sexuelle. La clonidine, elle, ne touche pas la libido. C’est un avantage majeur pour beaucoup de femmes.
Quand ne pas la prendre ?
La clonidine n’est pas pour tout le monde. Évitez-la si vous :
- Êtes déjà hypotendue (tension basse)
- Souffrez d’insuffisance rénale sévère
- Prenez des antidépresseurs de la famille des IMAO
- Êtes enceinte ou allaitez (les données sont limitées)
- Allez opérer sous anesthésie générale (elle peut interférer avec la pression artérielle)
Si vous avez un trouble du rythme cardiaque ou une maladie du cœur, parlez-en à votre cardiologue avant de commencer. Ce n’est pas une contre-indication absolue, mais il faut surveiller.
Combien de temps dure le traitement ?
Les bouffées de chaleur durent en moyenne 7 à 10 ans après la dernière règles. La plupart des femmes prennent la clonidine pendant 1 à 3 ans, puis essaient de la réduire. Si les symptômes reviennent, on peut la reprendre. Il n’y a pas de preuve qu’elle devienne moins efficace avec le temps. Certains médecins recommandent de l’arrêter après 2 ans, même si les bouffées sont sous contrôle, pour voir si le corps s’est adapté. C’est une décision à prendre avec votre médecin, en fonction de votre qualité de vie.
Et les alternatives naturelles ?
Beaucoup de femmes essaient d’abord les remèdes naturels : soja, vitamine E, rhubarbe chinoise, hypnose. Certains trouvent un peu de soulagement. Mais les études montrent que ces méthodes ne sont pas plus efficaces qu’un placebo pour la plupart des femmes. La clonidine, elle, a été testée dans des essais contrôlés randomisés, avec des centaines de participantes. Son efficacité est mesurable, reproductible, et documentée.
Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas combiner. Une femme peut prendre de la clonidine tout en faisant du yoga, en évitant les épices, en gardant sa chambre fraîche, et en portant des vêtements en coton. Les habitudes de vie aident. Mais elles ne remplacent pas un traitement médical quand les bouffées sont invalidantes.
Que faire si ça ne marche pas ?
Si après 6 semaines à la dose maximale (0,2 mg/jour), les bouffées ne baissent pas de plus de 30 %, la clonidine n’est probablement pas la bonne solution pour vous. C’est normal. Ce n’est pas un échec personnel. C’est juste que votre corps réagit différemment. À ce stade, il faut discuter avec votre médecin d’autres options : gabapentine, paroxétine, ou même une faible dose d’antidépresseur non hormonal comme venlafaxine.
Il n’y a pas de « meilleur » traitement. Il y a le traitement qui fonctionne pour vous. Et la clonidine est l’un des rares médicaments qui offre un équilibre entre efficacité, sécurité et accessibilité.
La clonidine fait-elle grossir ?
Non, la clonidine n’est pas associée à une prise de poids. Contrairement à certains antidépresseurs ou à la gabapentine, elle n’affecte pas l’appétit ni le métabolisme. Certains patients peuvent même perdre un peu de poids à cause de la sécheresse de la bouche qui réduit la consommation de snacks sucrés.
Peut-on prendre la clonidine avec des compléments alimentaires ?
Oui, en général. Les compléments comme la vitamine E, le magnésium ou la mélatonine ne présentent pas de risque connu d’interaction. Mais évitez les herbes qui abaissent la tension, comme le valériane ou l’huile d’olive en grandes quantités, car elles pourraient amplifier les effets de la clonidine. Parlez-en toujours à votre pharmacien.
La clonidine est-elle remboursée ?
Oui, en France et dans la plupart des pays européens, la clonidine est remboursée à 65 % par la Sécurité sociale, car elle est inscrite sur la liste des médicaments essentiels. Le prix d’un mois de traitement est souvent inférieur à 10 € après remboursement.
Faut-il faire des bilans sanguins en prenant de la clonidine ?
Pas systématiquement. Mais si vous avez des antécédents de problèmes rénaux ou cardiaques, votre médecin peut demander une mesure de la créatinine ou une électrocardiographie au début du traitement. Pour la plupart des femmes en bonne santé, aucun bilan n’est nécessaire.
La clonidine peut-elle aider avec les sueurs nocturnes ?
Oui, et c’est souvent là qu’elle est la plus utile. Les sueurs nocturnes sont parmi les plus perturbantes. En prenant la clonidine le soir, beaucoup de femmes retrouvent un sommeil profond et sans interruption. Le sommeil amélioré a un effet en cascade : moins de fatigue, moins d’anxiété, meilleure humeur.
Prochaines étapes : comment commencer ?
Si vous pensez que la clonidine pourrait vous aider :
- Parlez-en à votre gynécologue ou à votre médecin traitant. Apportez une liste de vos symptômes : fréquence, intensité, moments où elles sont les pires.
- Préparez un historique de vos traitements passés - hormonaux ou non - et ce qui a échoué.
- Demandez une ordonnance pour 0,05 mg une fois par jour. Ne demandez pas une dose plus élevée au départ.
- Prenez-le à heure fixe, de préférence le soir si la somnolence est un problème.
- Attendre 3 semaines avant de juger. Notez dans un carnet combien de bouffées vous avez par jour.
La ménopause n’est pas une maladie. Mais les bouffées de chaleur, elles, peuvent devenir une maladie si elles vous volent votre sommeil, votre énergie, votre joie de vivre. La clonidine n’est pas une solution magique. Mais elle est une solution réelle. Et pour des millions de femmes, c’est celle qui a redonné le contrôle à leur vie.
13 Commentaires
La clonidine m’a sauvé la vie. Je prenais 5 comprimés de soja par jour et je transpirais comme un bœuf en plein été. Un mois après, j’étais à 80 % mieux. La bouche sèche ? Ouais, mais j’ai arrêté de boire du café. Valeur équivalente.
Encore un truc de médecin qui pense que les femmes sont des machines à bouffées. La vraie solution, c’est d’arrêter de stresser, de manger bio, et de dormir dans une chambre à 16°C. Mais bon, si vous préférez vous droguer avec un médicament des années 70, libre à vous.
La clonidine, ce n’est pas un traitement, c’est une métaphysique du déséquilibre neurovégétatif. Elle agit sur l’hypothalamus comme un modulateur de l’aliénation thermique, un palliatif phénoménologique à la déconstruction hormonale. En clair : vous n’êtes plus vous-même, mais vous ne transpirez plus. Un sacrifice transcendantal.
Je ne comprends pas pourquoi on continue de proposer des médicaments quand des solutions naturelles existent. La ménopause n’est pas une maladie. C’est une transition. Et pourtant, on veut tout médicaliser. C’est triste.
La clonidine, c’est le petit frère discret du traitement hormonal. Pas flashy, pas cher, pas de libido en moins. J’ai testé. Ça marche. Pas magique, mais fiable.
Vous croyez que la clonidine vous sauve ? Attendez qu’elle vous fasse oublier de vous laver les dents pendant trois jours à cause de la bouche sèche. Puis vous allez voir la vie en rose… en dentifrice mint.
La bouche sèche c’est le vrai prix à payer. J’ai arrêté après 2 semaines. J’ai préféré transpirer que sentir que j’ai avalé un désinfectant.
Je suis un homme, mais j’ai une mère qui a pris la clonidine. Elle m’a dit que c’était la première fois depuis 5 ans qu’elle dormait sans se réveiller en nage. Je dis bravo à la science. Pas à la mode, pas au bio, pas au mysticisme. À la science.
Allez-y, essayez ! Le pire qui peut arriver, c’est que ça marche. Et vous allez retrouver vos soirées, vos dîners, vos câlins. Pas de miracle, juste de la vie récupérée. Et ça, ça vaut le coup.
Vous oubliez que la clonidine est un vasodilatateur central. Et que si vous avez une pression artérielle basse, vous allez vous écraser comme une crêpe. Ce n’est pas un traitement pour tout le monde. Arrêtez de le présenter comme une panacée.
Je suis belge. En Belgique, on ne prescrit pas la clonidine comme ça. On fait d’abord un bilan cardio-rénal, une évaluation psychologique, et on discute des alternatives. Ici, on vous donne un médicament comme un bonbon. C’est pathétique.
Je l’ai lu. J’ai compris. Je ne vais pas l’essayer. Parce que je n’ai pas envie de me sentir comme un zombie pendant 2 semaines. Et je n’ai pas envie de me coucher à 20h pour éviter les vertiges. La vie est trop courte pour ça.
Merci pour ce post. J’ai hésité 6 mois avant d’essayer. J’ai pris la clonidine le soir. Et cette semaine, j’ai dormi 7 heures d’affilée. Pour la première fois depuis 8 ans. Je pleure en écrivant ça.